Les petites sociétés de gestion sous surveillance

Les maisons indépendantes ont été très frqagilisées par le retournement des marchés actions en 2007. Il leur faut trouver des appuis et définir des stratégies pour se redresser.

A l'occasion de la présentation de son bilan annuel, l'Association française de la gestion financière (AFG) s'est félicitée de la création l'an dernier de 47 sociétés de gestion. Dont 32 indépendantes! Ce dynamisme ne masque pas les interrogations posées ces dernières semaines sur la santé financière de certaines d'entre elles à la suite, notamment, des déboires rencontrés par Oddo AM et Richelieu Finance. Pour rappel, Oddo AM a dû fermer trois fonds monétaires dynamiques  en raison de  de leur exposition aux  subprimes, ces crédits hypothécaires immobiliers américains risqués, et a enregistré une chute de ses encours de 3,1 milliards d'euros. En particulier à cause  d'une décollecte de 2,6 milliards d'euros en 2007. A noter que deux grands établissements de la place, AXA  et BNP Paribas, ont aussi connu des problèmes liés aux subprimes. L'assureur ayant été contraint de se porter contrepartie en cas de rachat de parts sur les produits touchés part la crise, la banque de Baudouin Prot a tout simplement suspendu la cotation de trois fonds. Des difficultés gérées bien différemment d'une maison financiers(AMF) aurait été plus complaisante avec ces deux grandes sociétés qu'avec Oddo AM.

 

 

La liquidité des fonds en question

 

Quant à Richelieu Finance,elle a payé les choix d'investissement audacieux de Gérard Augustin-Normand, son président, et le violent retournement sur les petites et moyennes valeurs. Conséquence: ses actifs sous gestion ont reculé de 885 millions d'euros, à cause d'une décollecte de 663 millions d'euros. Du coup, Richelieu Finance a été contrainte de céder 100% de son capital à KBL pour éviter de mettre la clé sous la porte. Ces deux établissements indépendants , comme d'autres, ont subi une crise de liquidité qui a touché le monétaire, actif supposé très liquide, et les actions, en particulier les small et nid caps. Cela pose la question de la liquidité des Sicav et FCP. A ce sujet, Muriel Faure, responsable de la commission des sociétés de gestion entrepreunariales à l'AFG, indique « chercher des solutions pésagogiques, pratiques pour  qu'il y ait une bonne adéquation entre la liquidité des fonds et celle des sous-jacents ».


Tout n'est, heureusement, pas à jeter aux orties. De nombreuses  sociétés indépendantes ont vu leurs encours augmenter en 2007. C'est le cas de Carmignac Gestion, Financière de l' Echiquier, DNCA Finance ou la Française des placements. Leurs actifs ont respectivement progréssé de 1,7 milliard, 1,3 milliard, 1milliard et 838 millions d'euros. Toutefois, l'excessive spécialisation de certaines maisons les a mise en difficulté. C'est le cas de celles étiquetées petites et moyennes valeurs et value. Portées aux nues après l'e-krach, ces sociétés ont rencontré un vif succès auprès des particuliers et des institutionnels.


Depuis quelques mois, elles subissent la fin d'un cycle haussier sur ces segments de la cote. Celles qui n'ont pas su, ou voulu, diversifier leurs offres mais également leur réseau de distribution se retrouvent prises à la gorge. A l'inverse, celles qui proposent une palette plus large de produits et s'adressent aussi bien aux particuliers qu'aux institutionnels résistent mieux à la crise. L'adage «ne pas mettre ses oeufs dans le même panier » vaut d'autant plus quand on est petit. Accroître le contrôle permettrait aussi d'éviter ce genre de problème. Quand des gestionnaires deviennent actionnaires majoritaires de petites ou moyennes entreprises cotées, cela ressemble plus à du capital-investissement qu'à de la gestion d'actifs. L'AMF n'ignore pas qu'en cas de retournement, des accidents peuvent arriver. Pourtant elle autorise ces pratiques. Les patrons des entreprises concernées aussi... Des efforts en matière de gouvernance sont donc nécessaires.


Les institutionnels à la rescousse

 

Pour plus de sécurité, certaines maisons ont donc préféré s'adosser à des institutionnels. C'est le cas de Marc Renaud, président fondateur de Mandarine Gestion. «45% du capital sont répartis à parts égales entre Amlab, UFG et Dassault, indique-t-il. Cela rassure les clients, donne une assise financière et apporte du seed money (ndlr: argent investi dès la création de l'entreprise). » Ce spécialiste value a aussi choisi de fédérer différents profils avec un processus de gestion bien défini afin de diversifier l'offre.

 

 2007 rime avec collecte

 

Preuve que l'exercice 2007 a été difficile pour l'industrie de la gestion française, l'encours sous gestion des Sicav et fonds communs de placements de droit français commercialisés a baissé de 24 milliards d'euros par rapport à 2006, à 918 milliards d'euros. C'est ce qui ressort du bilan  annuel de la gestion collective réalisé par Europerformance. Principale raison de cette chute: une décollecte de 44,7 milliards d'euros, la première en dix ans. Avec la crise des subprimes américains et la titrisation, les fonds monétaires dynamiques ont été les plus touchés avec 21,7 milliards d'euros de rachats de parts sur l'année. Cette crise de confiance s'est ensuite diffusée aux produits actions et obligataires. Ils enregistrent des décollectes respectives de 4,4 et 6,7 milliards d'euros. Seules les catégories de fonds alternatifs et assortis d'une garantie ou à formule affichent un solde positif de 4,4 milliards et 1,3 milliards d'euros.

 

2262 EUROS


Soit l'abondement maximal que peut vous accorder votre employeur, à la suite de vos versements volontaires, dans le cadre du PEE en 2008. Vous pourrez ensuite souscrire aux meilleurs fonds communs de placement d'entreprise proposés par votre accord. Si vous avez accès à un Perco, l'abondement est porté à 5324 euros. Ces montants sont indexés sur le plafond annuel de la sécurité sociale.

 

Baisse de la part des unités de comptes dans les assurances vie

 

Selon la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), le montant des unités de compte dans la collecte des contrats d'assurance vie pour l'exercice écoulé est de 34,6 milliards d'euros, contre 38,8 milliards d'euros en 2006, soit une baisse de 10,82%. La crise de confiance envers les produits risqués explique en partie cette décollecte. En revanche, les transferts Fourgous connaissent un vrai succès. Depuis leur lancement en 2005, la FFSA a enregistré 1,3 million de transferts  pour un montant de 47,4 milliards d'euros. Le montant moyen transformé est de 35600 euros dont 31% sur des fonds à risque.


Des changements dans le casting

 

Jeu des chaises musicales. Gilbert Généré a quitté, avec son équipe, Oddo Am pour prendre en charge l'activité obligations convertibles chez OFI AM. Il est remplacé par Xavier Horche, auparavant chez...OFI AM. Oddo AM a aussi vu partir Didier  Pruvost, directeur de la gestion et Louis Bert, directeur gestion actions, devenu président de Dorval Finance. Thierry Deheuvels, ex-directeur général délégué d'Allianz Global Investor, est désormais en charge de la gestion chez Oddo AM. D'autres mouvements ont lieu: Marc Renaud a quitté CCR Actions et créé Mandarine Gestion. Arielle Levi, gérante chez DNCA Finance, a rejoint CCR Actions.