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AVONS-NOUS DE BONS PLACEMENTS ? « Comment prépare notre retraite ? Nos placements sont-ils bons ? » Roland, 34 ans, et sa femme Lucie, 35ans, se posent les mêmes questions que la majorité des lecteurs du Revenu. C’est pourquoi nous avons retenu leur candidature pour « Le patrimoine d’une famille ». Apres six ans de mariage, une mise à plat de leurs comptes s’imposait. Mais avant de la passer en revue les revenus du couple, ses assurances vie et sa fiscalité, un coup de projecteur plus personnel est nécessaire. Car un bon placement qui vous correspond. Originaire du Sud-Ouest, Roland aime la bonne chère et les bons vins. Informaticien, il travaille dans un établissement public. Six semaines de congés payés par an, 29 jours de RTT, un bon comité d’entreprises, ça ne se refuse pas. Sa femme Lucie est cadre dans une entreprise qui met sous plis des factures et des documents bancaires. Le « pur privé », dit-elle, sans sécurité de l’emploi. Mais la progression est rapide pour les bons éléments comme elle. En neuf ans, son salaire, il est vrai faible au départ, a été multiplié par trois alors que celui de son mari n’a augmenté « que » de 30%. Malgré des rythmes très différents, les parents de la petite Morgane née en 2004, partagent la même vision de la vie. Coté logement, ils ont d’abord été locataires en région parisienne, à Savigny-sur-Orge, à proximité des parents de Lucie. « le loyer était de 500 euros par mois, je m’en souviens car c’était dix fois supérieur à celui que je payais à Pau un fois l’APL déduite », raconte notre lectrice.
En 2000, ils s’agrandissent et louent plus près de Paris, Villejuif, pour avoir accès au métro. Peu après, ils commencent à prospecter pour acheter. Ils vont mettre deux ans avant d’avoir le coup de foudre pour une maison de ville de 110 mètres carrés, à Antony, prés du parc des Sceaux. Le prix demandé (335000 euros ) est supérieur à leur budget (275000 euros)
Prévoyant, le couple a toujours mis de l’argent de coté. Mais l’agent immobilier leur confie que le vendeur a un besoin urgent d’argent. Ils font donc une proposition à hauteur de leurs moyens et ça passe ! Finalement, le rabais est de 18% ! Le couple qui a toujours mis de l’argent de coté, en vue de son achat immobilier, dispose de 80000 euros d’épargne. Comme le coût de l’opération est de 293000 euros (frais de notaire inclus), ils complètent un crédit de 213000 euros.
Pour réduire le coût du financement, La Banque Postale leur propose astucieusement de cumuler deux prêts CEL (3 et 4,25%) et PEL (3 et 3,5%) avec un prêt complémentaire de 4,45%, le tout sur quinze ans avec des mensualités constantes de 1669 euros, assurance décès comprise. En 2008, le taux d’endettement de la famille n’est que de 28%. Il est vrai que Roland et sa femme gagnent 6200 euros net par mois. De quoi bien vivre, même en région parisienne. D’autant qu’ils consomment astucieusement. Pour négocier des rabais sur leurs voitures et être pris en position de force, ils les achètent au mois de décembre, quand les concessionnaires rentrent des dizaines de véhicules pour encaisser les primes des constructeurs. Mais leur spécialité, c’est l’achat sur Internet de matériel électronique. Pour faire des économies, ils s’approvisionnent dans des pays les moins chers. Et comme ils paient en dollars et que la monnaie américaine vaut 32% moins que l’euro, ils sont doublement gagnants. Ainsi, un appareil photo hongkongais leur revient 1000 euros, la moitié du prix parisien. Our ne pas communiquer aux marchands leurs numéros bancaires, ils utilisent le système de paiement en ligne PayPal. Avec de tels comportements et des mensualités d’emprunts raisonnables, ils devraient mettre de coté des milliers d’euros. Surtout que, depuis septembre, ils n’ont plus de nourrice pour garder Morgane entrée à l’école maternelle.
Ils épargnent 220 euros pas mois dans des placements retraite. Mais pour le reste, ni l’un, ni l’autre ne sait où affecter l’argent. C’est d’autant plus gênants qu’ils ont des ambitions patrimoniales. Une fois leur prêt remboursé, ils souhaitent acheter une maison avec jardin sans vendre leur logement actuel. Ce dernier serait mis en location, les loyers servant à compléter leurs futures pensions. Un objectif impossible à atteindre sans une épargne abondante. Rembourser le crédit immobilier par anticipation Après discussion avec nos lecteurs, il semble possible, sans toucher au budget pour les voyages et les loisirs, de placer les deux treizièmes mois (6400 euros au total), ainsi que le salaire de la nourrice qu’ils n’ont plus à payer, soit 500 euro d’économie par mois en tenant compte de la hausse de l’impôts sur le revenu puisqu’ils ne bénéficieront plus de la réduction pour employer de maison.
En pratique, comme le taux effectif global (taux d’intérêt+frais de dossier+assurance) du prêt principal frôle les 5%, nous recommandons d’abord d’augmenter les mensualités, de 250 euros par exemple. D’après les conditions générales du contrat, cette opération est sans frais. Par précaution, nous les invitons à joindre à leur demande de modulation des échéances une copie dudit document. Il est également prudent de vérifier sur le nouveau tableau d’amortissement que la durée du prêt a bien diminué.
Quel placement privilégier pour les treizièmes mois et le reste de l’épargne mensuelle ? Un bref état des lieux s’impose d’abord. Conclusion : Roland et Lucie n’ont aucun produit financier qui corresponde à leurs objectifs patrimoniaux. Pire, bien que très jeunes, ils disposent de trois placements étiquetés « retraite » qui ne comprennent pas une seule action ! C’est une aberration puisqu’il s’agit de l’actif le plus rentable sur longue période et qu’ils disposent de vingt-cinq ans devant eux. Passons ces produits en revue. Point Retraite Ecureuil est une « assurance sur la vie », moyenne, car chargée en frais (5% sur les versements, 0,75% chaque année sur l’épargne) et sa rentabilité est perfectible : +3,4% en 2006, +3,7% en 2005 et +4% en 2004.
Faire ses premiers pas en Bourse avant 2009 CNP Optivie est de meilleure facture. Ce monosupport en euros, sans frais d’entrée et 0,6% en gestion, a rapporté 4,4% en 2006 et 2005, ce qui le classe dans le peloton de tête des contrats de sa catégorie. En encouragement à la Prévoyance Individuelle (EPI) –dernier placement retraite garantie du couple- est encore pus rentable : +4,85% en 2006. Surtout, quand Roland verse un euro, son employeur ajoute un euro. Un avantage bien sur plafonné. Seule réserve, il doit aujourd’hui privilégier les placements dynamiques, absents du patrimoine familial.
Concrètement, nous conseillons de poursuivre les versements sue EPI (800 euros par an +800 euros d’abondement), d’arrêter ceux sur CNP Optivie t de clôturer Point Retraite Ecureuil dans les plus brefs délais pour ne pas être trop pénalisé par le mode de calcul des intérêts. En effet, entre le 1er janvier et la date du retrait, partiel ou total, la somme tirée n’est revalorisée qu’à hauteur de 80% du taux de l’année précédente, soit 2,72% ! Le capital de Point Retraite Ecureuil (9440 euros) serait placé sur une bonne assurance vie multisupport récompensée par un Trophée du Revenu avec 80% sur le fonds en euros et 20% sur des fonds actions.
Toujours pour doper la rentabilité des placements financiers, nous leur recommandons d’alimenter régulièrement leur plan d’épargne en actions (PEA), par exemple, en versant 250 euros par mois sur Regulys Bourse, le plan d’investissement programmé de La Banque Postale où est ouvert leur PEA. Accessible dès 15 euros par mois, il leur permettra de profiter du repli actuel de la Bourse pour investir régulièrement sans se soucier des variations de court terme en privilégiant les fonds indiciels LBPAM Actions Indice Euro.
Roland et Lucie n’ont pas le choix. S’ils veulent s’enrichir plus vite, ils doivent s’initier à la Bourse. Apres une année 2007 mitigée sur les marchés financiers, 2008 a toujours les chances de se révéler meilleure. C’est le moment de passer à l’action, avec prudence. |